Voyage Suisse – Indes et retour en Citroën 2CV (1984-1985) – Page 2

Itinéraire du Pakistan à New Delhi (Indes)

Les Chablues et leur 2CV sur la piste de 600 km entre Zahedan (iran) et Quetta (Pakistan)

Pakistan:

Ouf… ça fait du bien de sortir d’un pays en guerre, mais surtout de retrouver des gens heureux qui ont le sourire aux lèvres ! Passage de frontière “super cool”, oui, les douaniers peuvent être sympas !



C’est à ce stade que les préparatifs tout-terrains vont être utiles, car 600 Km de piste à se “farcir” dans des conditions extrêmes: cailloux, sable, tôle ondulée. Trois choix sont possibles: 1) ne pas dépasser le 20 km/h., à cette vitesse la voiture reste maîtrisable, 2) rouler à plus de 80 km/h., à cette vitesse le véhicule “vole” par dessus les cailloux, mais il faut énormément de concentration pour éviter les obstacles et les gros cailloux, 3) rouler à côté de la piste caillouteuse, dans le sable = ensablement assuré. Les 3 solutions ont été testées, c’est finalement la solution “lente” qui a été choisie (surtout après avoir eu droit à un ensablement “d’enfer”). Sur les 600 km de pistes parcouru, les pneus crevés voir déchirés n’ont pas manqués; heureusement des chambres à air et des kits de réparations avaient été prévus. Vive la pompe à pied !
La piste, puis la route longe la région du Baloutchistan, les gens du terroir sont “les Baloutch” (peuple tribal et guerrier) personnages fiers et haut en couleurs; un “flash spécial” pour les beaux camions et bus superbement décorés.

Fin de la piste, ouf ! un peu de route goudronnée … puis arrivée à Quetta, moins de stress = repos bien mérité et réparation du démarreur. En visitant la ville, Christiane s’aperçoit que les femmes d’ici sont soit inexistantes, soit “invisibles”, soit l’on ne fait pas attention à elles (Christiane a essayé de faire des achats; on ne lui répond pas, on ne la sert pas !). En effet, la condition de la femme musulmane n’est pas “surfaite”, ici c’est toujours l’homme qui a les contacts “externes” et qui a le “dessus” (commissions, achats, discussions, etc..) la femme ne doit pas se montrer; elle reste à la maison. Il n’y a plus qu’à faire comme les gens d’ici, dorénavant (jusqu’aux Indes) Roland s’occupera de tout. Il avait de toute façon prévu la chose et adopté un look commun aux pays à traverser (barbe, habillement … par contre, pas eu le temps d’apprendre l’Arabe).



Coupure dans le récit: Julie fête ses 2 ans à ce moment là. Bon anniversaire !

Départ pour le sud du pays, destination Sukkur, Multan et finalement Lahore (ville frontière avec le Panjab Indien).


A Lahore: mauvaise surprise, attente minimum de 10 jours avant de pouvoir passer la frontière. Pourquoi ?: Indira Ghandi vient d’être assassinée par des extrémistes Sikhs; le Panjab (état frontière avec le Pakistan) est peuplé par les Sikh (le service des douanes et les douaniers sont d’une autre ethnie), la raison qu’ils invoquent est: qu’il serait trop dangereux de faire passer des touristes dans cette contrée sans escorte, les extrémistes Sikhs étant des gens dangereux: nous devrons organiser une escorte pour vous faire traverser le Panjab. Le temps de l’organiser, il faudra patienter 10 à 15 jours ! Bon… Ok, pas si grave, Lahore est une belle ville, c’est l’occasion de la visiter plus en détails.


En faisant du camping devant la douane avec d’autres touristes dans le même cas (enfin, on en rencontre), les Chablues profitent de faire diverses réparations: pot d’échappement à souder, graissages divers, boulons à resserrer, et surtout essayer de bricoler les pneus déchirés par la piste (dommage, un des pneus était irréparable).

Pakistan
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Indes, de la frontière à Delhi

L’escorte est organisée, le jour du passage de la douane est défini: la traversée du Panjab se fera de nuit, de la manière suivante: des véhicules “officiels” encadreront les touristes mis en colonne, interdiction de sortir de la file ! Finalement, plus de peur que de mal, tout se passe bien; arrivés à la fin de l’Etat du Panjab, l’escorte retourne se coucher. Enfin seuls … Dehli est en vue !



New Delhi, capitale des Indes. Camping très bien placé au pied de la vieille ville (Old Dehli), qui est la partie la plus intéressante et “visitable” de la ville; la nouvelle ville n’a rien d’extraordinaire “une ville comme une autre”: building, ambassades, commerces…. et surtout, ça “grouille” de monde.


L’envie de quitter cette zone peuplée pour des régions plus tranquilles pousse les Chablues à quitter la capitale.

Coupure dans le récit pour vous parler des routes, des divers personnages (gens et animaux) et véhicules qui s’y baladent: autos, motos, vélos, camions, tracteurs et chars. Point important: on roule à gauche (dès le Pakistan déjà… les restes de l’empire Britannique). N’imaginez pas dépasser le 60 Km/h, c’est la vitesse maximum, la moyenne journalière est d’environ 30 à 40 km/h . Pourquoi ? Vu l’état des routes: les nids de poules très fréquents, les chars tirés par des boeufs (avec des grosses roues en bois comme ceux du moyen-âge), les gens et les animaux qui même si vous klaxonnez restent au milieu de la route (rien ne leur fait peur), les conducteurs de tous véhicules qui sûrement n’ont pas de permis de circuler et n’ont pas appris (il suffit d’avoir les sous et le véhicule) qui débouchent et dépassent de n’importe où et n’importe comment (la seule loi qui fait fois, c’est la leur… vous n’êtes qu’un extra-terrestre qui n’a rien compris); eh bien, vu tous ces paramètres, vous comprendrez qu’il faut une concentration maximum pour arriver à jongler parmi tous ces obstacles. Bien sur que le but est aussi d’éviter tout accident (personnes et voiture), la 2CV devant rentrer à bon port indemne.

 

Indes, de la frontière à Delhi
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